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librement inspirée des souvenirs d’enfance de Lucienne Baehr
lors d’ateliers d’écriture animés par Isabelle Merlo.
Lucienne Baehr a écrit les deux premiers paragraphes du texte et les élèves ont imaginé la suite.
Une sonnerie me fait sursauter, il est sept heures. C’est vrai aujourd’hui c’est la rentrée, le 1er octobre 1932.
Il faut que je me dépêche, heureusement la toilette à l’eau froide ça réveille et met les idées
en place. Enfin je suis prête !
Sur la route, je rencontre des
filles avec des blouses et un cartable neuf. Moi j'ia un peu honte de moi. Quelques jours avant la rentrée, les familles nomreuses avaient reçu une paire de galoches qui faisaient un bruit de
tonnerre et tout le monde me regardait (enfin je croyais)
En arrivant à l’école, j’ai la surprise de voir que d’autres enfants ont les mêmes galoches. Cela me donne du
courage.
Je rentre dans la classe et je m'assois à la table la plus proche.
Je me présente : « Bonjour, je m’appelle Lucienne, j’ai 10 ans, j’aime l’orthographe et les livres d’histoire.
J’ai 3 sœurs et 2 frères. C’est moi l’aînée. Avant d’emménager à Paris, j’habitais à Marseille. Mon père est cordonnier et ma mère s’occupe de nous.»
La maîtresse, nouvelle elle aussi, se présente à son tour : « Bonjour, je m’appelle Madame Bouton ».
Je me dis que ça lui va bien, elle est remplie de boutons. Les enfants sourient.
Madame Bouton est vêtue d’une longue jupe grise et d’un pull gris clair. Elle nous donne ensuite l’emploi du temps de la matinée.
Nous commençons par la leçon de morale. L’enseignante écrit la phrase au tableau : le vol est un délit et elle nous explique qu’il ne faut pas prendre quelque chose qui appartient aux autres sans leur permission.
C'est enfin terminé, je suis contente, je déteste les leçons de morale. Une élève demande : "Je peux distribuer les ardoises s'il vous plaît Madame ?" Ah ! Cela doit vouloir dire que nous allons
faire des calculs. Je suis nulle en calcul.
Enfin, la cloche sonne, il est 10h15, c’est la récréation. Un peu triste quand même, je marche seule dans la cour et un groupe de filles se dirige vers moi. Je n’ai plus trop honte de mon tablier et de mes galoches, d’autres filles en portent également. Mes nouvelles amies s’appellent Josette, Jane, Joséphine et Vanessa.
Je termine la récréation avec elles, nous bavardons et faisons des jeux de mains.
La récréation est vite terminée. Nous rentrons en classe. C’est l’heure de la dictée. La maîtresse dicte des mots invariables : alors, ensuite, d’abord, soudain… Je pense avoir bien réussi car je suis forte en orthographe.
Ensuite, nous faisons une leçon sur les Gaulois. Je trouve cette leçon passionnante. Nous apprenons des tas de choses sur les Gaulois : comment ils sont habillés, qu’ils portent des tresses, qu’ils possèdent des armures, des casques et des fourches.
Il est midi, c’est l’heure du repas. Je mange à la cantine. C’est Georgette qui s’occupe de nous. Elle est très gentille. Nous mangeons des tomates, du hachis Parmentier, du fromage et une crème au chocolat. Ce premier repas était délicieux.
Je retrouve alors mes nouvelles amies et nous jouons à la marelle.
Il est 13 heures. Nous retournons en classe, c’est reparti pour 1h30 de travail ! Nous faisons du vocabulaire, Madame Bouton écrit le titre au tableau : le dictionnaire.
La maîtresse dit un mot difficile, par exemple transcutané, et la première qui a trouvé le mot lit la définition. C’est moi qui lis la définition de « défaillant », c’est normal, mes parents m’ont offert un dictionnaire pour Noël dernier et je m’amuse souvent, seule, à chercher des mots. Puis nous travaillons en sciences sur le corps humain. C’est déjà plus compliqué.
Ouf ! 15 heures, c’est enfin la récréation. Je sors et je vais retrouver mes copines. Nous jouons aux billes. Je gagne et cela rend mes copines jalouses.
En rentrant dans la classe, Mademoiselle Bouton nous explique : « Nous allons apprendre la couture dans une autre salle ».
Quand nous nous rendons dans la salle de couture, il y a du fil de toutes les couleurs ainsi que des aiguilles de tailles différentes qui sont préparées sur une table.
La salle est décorée avec du papier peint, il y a des motifs qui
représentent du fil et des aiguilles. On commence à poser des boutons et à faire du tricot avec de la laine de mouton, j’ai un peu de mal mais c’est bien. Puis l’institutrice demande que nous
brodions un mouchoir, au début je me dis que je n’y arriverai pas mais je réussis finalement. Nous retournons en classe. La jeune maîtresse déclare : Maintenant j'écris les
devoirs au tableau. Pour mardi, vous avez 5 verbes à conjuguer et une leçon d'histoire. Au revoir les enfants !
J’avais un peu peur en arrivant ce matin, mais, à la fin de la journée, j’ai trouvé que c’était assez simple. Cette journée était très bien, parce que je me suis fait des amies. J’ai hâte d’être à demain !
Une nouvelle écrite et illustrée par :
GORDON
MELINDA
MIRELLA
Librement inspirée des souvenirs partagés par :
Mme Jeanine B
Bonjour, je m’appelle Jeanine, j’ai 69 ans et je vais vous raconter mon histoire. Quand j’avais 10 ans, j’allais à l’école communale de Vaux-sous-Laon, dans l’Aisne, en classe de CM2 avec Mme Sévère.
Un jour, le 13 juillet, je me rendais à l’école à pied. C’était une journée très chaude et très ensoleillée. Je m’étais levée à 7h 30 pour me préparer et je suis partie pour l’école à 8h 20. J’ai retrouvé Marie-Pierre à la grille de l’école, ma pire ennemie depuis qu’elle m’avait poussée dans la cour. Avant de rentrer en classe, je rejoins mes amies : Odette, Ginette et les autres.
La cloche sonne et nous nous mettons en ligne devant la porte de la classe. Mme Sévère vérifie nos mains. Nous lui montrons nos ongles et nos paumes et elle inspecte nos blouses, nos galoches et nos cheveux qui devaient être attachés. Après l’inspection, nous entrons dans la classe et nous nous asseyons à notre place. Je suis assise à côté de Marie-Pierre car nous sommes placées par ordre alphabétique et son nom de famille suit le mien. La maîtresse nous demande de sortir nos cahiers pour commencer la leçon de morale. Ce jour-là, la phrase a étudier est « plus fait douceur que violence » La maîtresse nous demande ce que veut dire cette phrase. Personne ne veut répondre parce que si on se trompait Mme Sévère nous faisait une remarque. La maîtresse prend au hasard un cahier du jour et tombe sur celui d’Odette. Elle se lève, intimidée et répond :
« Oui, Madame »
Odette essaie de bien répondre mais elle se trompe. La maîtresse lui dit :
« asseyez-vous Mademoiselle »
et elle explique :
« cette phrase veut dire qu’il vaut mieux demander les choses avec gentillesse qu’en utilisant la violence »
L’institutrice a fini la leçon de morale et nous demande de fermer nos cahiers pour commencer la leçon de calcul. Nous prenons nos ardoises et nos craies pour faire des multiplications. Je soupire car je n’aime pas le calcul. J’avais hâte que ça finisse pour aller en récré jouer avec mes amies à la marelle ou à la corde-à-sauter. Mais la maîtresse a remarqué que je ne suivais pas, parce que je regardais souvent l’heure. Quand, la cloche sonne pour annoncer la récréation, je me lève mais la maîtresse m’appelle. Je me pose des questions. Mme Sévère me demande de réciter la leçon mais je n’avais pas écouté. En punition, je reçois 100 lignes à recopier : « je dois être attentive en classe » que je dois commencer pendant la récré. Je ressors mon cahier, ma plume et mon papier buvard. Je trempe ma plume dans mon encrier et je commence à écrire. Marie-Pierre me nargue de la cour, elle me tire la langue, mais la directrice qui était juste derrière elle la surprend. Elle la prend par l’oreille et la ramène en classe. Mme Sévère est surprise et lui demande :
- « pourquoi l’amenez-vous dans la classe ? »
Celle-ci lui explique ce qui s’est passé et donne à Marie-Pierre 50 lignes, la maîtresse lui rajoute 100 lignes de plus. Je suis très contente de voir Marie-Pierre punie. Mais celle-ci a à peine le temps de commencer, que la cloche retentit. Toutes les élèves se rangent et attendent l’autorisation de rentrer en classe. Tout le monde s’assoit et la maîtresse explique le programme de la fin de matinée :
« nous allons faire de la géographie puis une dictée »
La leçon commence : Mme Sévère sort une carte de géographie et son globe. Elle explique en quoi consiste le cours :
« la leçon dont nous allons parler porte sur les départements et les chefs-lieux de département » et elle écrit la leçon au tableau.
Une fois que le cours est terminé, la matinée prend fin avec une dictée. Il s’agit d’un paragraphe de cinq lignes tiré du livre, « Les lettres de mon Moulin » d’Alphonse Daudet.
Dès que la dictée est finie, la cloche sonne pour annoncer la pause déjeuner. Nous avons faim et nous sortons en courant pour voir nos mamans, qui nous attendent à la grille de l’école. Une seule élève doit attendre encore car aucune personne n’est venue la chercher. Je suis contente car j’ai très faim et je dévore mon assiette. Une fois que le repas est fini, c’est déjà l’heure de retourner à l’école !
L’après-midi commence par de la lecture. Nous sortons nos livres « les malheurs de Sophie » à la page 59. Je lis deux pages et je suis contente car c’est mon livre préféré. Après, la maîtresse nous dit de prendre nos livres de mathématiques et de faire des calculs de racines carrées. Mais comme ce matin, je ne comprends pas, je vais voir la maîtresse. Mais Mme Sévère est occupée alors elle demande à Marie-Pierre de m’aider. Marie-Pierre n’a pas très envie de le faire, la maîtresse s’en rend compte et lui dit :
« Soit tu aides Jeanine, soit tu es punie »
Marie-Pierre est alors obligée d’obéir, elle vient me voir et me demande :
« qu’est ce que tu ne comprends pas ? » Marie-Pierre essaie de m’expliquer la leçon et j’ai enfin compris ! L’exercice est terminé quand la directrice arrive dans la classe. Nous nous taisons et nous nous levons, les mains derrière le dos. Elle nous dit que l’inspecteur académique va venir dans l’après-midi alors il faut que nous soyons sages.
A la récréation, nous sortons dans la cour. Avec mes amies nous n’aimons pas les garçons de l’école d’à côté, car ils crient trop fort. Nous n’arrivons plus à nous entendre. La récréation est presque finie, Marie-Pierre et moi nous apercevons un ballon voler par dessus le mur qui sépare les deux écoles. Deux garçons demandent la balle en criant mais nous n’arrivons pas à lancer aussi haut. Alors nous leur disons :
« on va vous ouvrir la grille, venez le récupérer ! »
Moi et Marie-Pierre nous leur ouvrons sous le regard des autres élèves de la classe. Au moment où les garçons vont récupérer le ballon, la directrice, Mme Plus-Sévère, les remarque. Les deux garçons essaient de s’enfuir mais la directrice les rattrape et les ramène par les oreilles dans leur école.
L’institutrice qui a tout vu crie à ses élèves :
« rentrez en classe immédiatement ! »
Marie-Pierre et moi devenons toute rouge car nous avons peur de la punition. Une fois rentrées dans la classe, Mme Sévère est très en colère et crie :
« levez vous, les mains derrière le dos. Qui est responsable ?
Dans le classe, c’est le silence complet. Voyant cela, l’institutrice leur dit :
« puisque personne ne veux répondre, c’est la punition collective. Mettez vous debout sur vos chaises, les mains en l’air »
Nous obéissons. La punition dure et nous commençons toutes à fatiguer. Moi et Marie-Pierre nous sommes très gênées que nos camarades soient punies à cause de nous. Au moment où nous allions nous dénoncer, on frappe à la porte. Qui rentre ? C’est l’inspecteur académique M. Dubois. La maîtresse est surprise, avec toute cette histoire elle avait oublié sa venue. Elle lève la punition et nous obéissons, contentes de pouvoir enfin nous reposer. L’inspecteur fait son inspection et la maîtresse ne parle plus de l’incident. Dès que M. Dubois est parti, la cloche annonçant la fin de la journée retentit. La classe se vide petit à petit. Après avoir discuté, Marie-Pierre et moi attendons la maîtresse devant la grille pour nous dénoncer. Mme sévère nous écoute et dit :
« c’est très bien d’être venues de vous-même, mais vous auriez dû le faire plus tôt » Nous sommes très mal à l’aise et devant nos regrets la maîtresse décide de ne plus en parler.
Elle s’en va en nous disant :
« à demain pour la fête de l’école »
Je repars chez moi avec Marie-Pierre, la main dans la main, amies pour la vie
FIN
Les nouvelles sont finies! Afin de présenter le résultat des rencontres entre les élèves et les retraités, une lecture festive est organisée. Voilà
l'affiche annoncant la clôture de nos séances:
VENEZ NOMBREUX!!!